L’ alimentation du 21ieme siècle!

En finir avec les idées reçue sur notre alimentation du 21ieme siècle!

Interview du Dr Cazelles, nutritionniste.

Carences, protéines, vitamines, fer, calcium, canines faites pour manger de la viande ? Que répondent les médecins à la question du végétarisme ?

On entend souvent dire que l’homme est « fait pour manger de la viande ». Que répondez-vous à cela ?

Que c’est une idée préconçue, puisqu’il y a eu une évolution depuis l’homme préhisto-
rique chasseur cueilleur. Au fil des ans, l’homme s’est sédentarisé et son intestin s’est adapté à son nouveau mode de vie.
Ce qui est vrai par contre, c’est que l’assi-
milation de la viande demande un travail supplémentaire à notre corps. En effet, la digestion des protéines animales entraine une putréfaction intestinale qui se traduit au niveau biochimique par la libération de tox-
ines dans le colon (putréscine, cadavérine). Ces toxines traversent le colon et nécessi-
tent une détoxication au niveau du foie et donc un surmenage hépatique.
En trop grande quantité, comme dans le cas de régimes hyperprotéinés par exemple, la libération de ces toxines sont très nocives. Les régimes comme celui de Dukan, qui préconisent des protéines animales pour maigrir, représentent le pire des échecs sur le plan de la santé. En mettant le corps en état d’acidose, il devient un nid à maladies inflammatoires. Parmi mes patients, cer-
tains ont déclenché des rhumatismes in-
flammatoires suite à un régime hyper-
protéiné !

On rétorque souvent que si on a des canines, c’est pour manger de la viande…

Pour moi ce n’est pas un argument. Avec nos 4 canines, nous ne sommes pas prêts de déchiqueter un animal ! La mastication est par ailleurs très stimulée lorsqu’on man-
ge des végétaux.

Qui gagne le match protéines animales vs protéines végétales ?

Les protéines animales n’amènent rien par rapport aux végétales. De plus, les proté-
ines animales ne sont pas mieux digérées que les protéines végétales. Chaque indivi-
du a un capital enzymatique différent qui est adapté à son alimentation.
En revanche, le surmenage enzymatique que nécessitent les protéines animales en-
traine souvent des carences en vitami-
nes B12, celle-là même qui est citée dans les « carences » des végétariens. Le para-
doxe réside dans le fait que ces vitamines sont présentes dans la viande mais ne sont pas bien absorbées. Mes patients omnivo-
res sont donc très souvent carencés en vi-
tamines B12 et B9.
Lorsqu’on mange 150g de steak, on absor-
be seulement 20g de protéines. Les proté-
ines en excès, celles que l’on n’ absorbe pas, vont servir de pâture à nos mauvaises bactéries du colon. Il y a donc un très mauvais rendement de l’alimentation carnée au niveau apport protéique.
Enfin, la viande contient très peu de trypto-
phane, acide aminé essentiel que nous ne savons pas synthétiser. Or il est précurseur de la sérotonine, qui est le médiateur cérébral de la sérénité, du plaisir, de la joie de vivre. C’est aussi le tryptophane qui règle l’absorption des autres acides aminés, et il y en a très peu dans le bœuf et les animaux à 4 pattes.

Quelles recommandations donnez-vous quant à la consommation de viande ?

Si on a du mal à se passer de viande, par goût, je conseille de toutes façons de ne pas en manger le soir. Le maximum, à mon sens, serait d’en consommer tous les midis, soit une seule fois par jour. Sur ce point, tous les nutritionnistes s’accordent sur la proportion de 30 % de protéines (animales ou végétales) à consommer sur une journée.
Les recommandations que je donne à mes patients sont les suivantes : de la viande une seule fois par semaine, et une seule fois par mois des animaux à quatre pattes. Bien entendu, je suis médecin et les per-
sonnes qui viennent me voir ont des problèmes de santé. Elles sont donc prêtes à effectuer des changements dans leur mode de vie pour aller mieux.

Et le poisson ?

Les poissons de mer sont malheureuse-
ment tous intoxiqués… Les poissons en meilleure santé sont d’ailleurs les poissons végétariens : les sardines, les anchois, les harengs (et les anguilles mais on les trouve peu dans nos régions).
Tous les poissons carnivores, en particuliers ceux qui sont en fin de chaîne alimentaire (thon, requin) sont gorgés de métaux lou-
rds.

Alors, les végétariens / végétaliens sont-ils plus carencés que les omnivores ?…

Bien sûr que non, et c’est même l’inverse : les omnivores sont les plus carencés de la population française.
Les aliments les plus riches en vitamines, surtout celles du groupe B, sont les céréa-
les et les légumes. Ce qui pose surtout problème aux végétariens, c’est la vitamine B12, en effet peu présente dans le règne végétal. Il faut donc vérifier par des analy-
ses et dans de rares cas, supplémenter en vitamine B12.
Pour savoir si l’on a des carences, il faut faire une enquête nutritionnelle (menus d’une semaine) et une prise de sang avant de se lancer dans les compléments alimen-
taires.

Comment l’expliquez-vous ?

Cela s’explique par la diversité de l’alimen-
tation végétarienne, souvent associée à un mode de vie plus sain. Le végétarisme passe toujours par une prise de conscience d’une personne à un moment de sa vie. Finalement les omnivores apportent peu de variété à leur assiette, en oubliant les légumes, qu’ils remplacent par des fécu-
lents. On constate que les omnivores sont donc plus souvent malades que les végé-
tariens.

Y’a-t-il des risques à devenir subitement végétarien ?

Effectivement, il faut y aller progressive-
ment. Chez certaines personnes, un chan-
gement brutal d’alimentation peut être catastrophique. Il faut laisser le temps à l’intestin de s’adapter, de changer ses enzymes digestives. Pour les personnes qui ont un transit accéléré (selles plusieurs fois par jour) et l’intestin fragile, il faut faire une transition sur un ou deux mois par exemple.
Quel est l’intérêt, sur le plan de la santé, d’être végétarien ?
Tout est bénéfique dans l’alimentation végé-
tarienne !
- Elle comble tous nos besoins et est par-
ticulièrement adaptée à notre flore intes-
tinale.
- Les protéines y sont beaucoup plus assi-
milables. Certaines légumineuses peuvent entrainer des flatulences, mais c’est assez rare que ce phénomène persiste (sauf pour les personnes à qui il manque une enzyme). Pour limiter ce phénomène, il faut les asso-
cier à des céréales.
- Lorsqu’on est végétarien, on consomme des aliments vivants, contrairement aux animaux qui sont morts quand on les mange. Prenez les graines germées par exemple : leur potentiel énergétique est extraordinaire. Les végétaux puisent dans la terre tout ce dont ils ont besoin et utilisent le soleil et la photosynthèse pour se dévelop-
per.

Pour quels problèmes de santé préconisez-vous le passage au végétarisme ?

Pour certaines personnes, le fait de consommer un peu de viande de temps en temps ne posera pas de problème, mais pour d’autres, le fait de manger trop de viande favorise l’apparition de maladies in-
flammatoires ou auto-immunes.
Je préconise l’alimentation végétarienne / végétalienne pour :

 

- Tous les problèmes de peau : acné, psori-
asis, éczema etc. Dans ces cas, il faut commencer par l’éviction des produits lai-
tiers.
- Les problèmes infectieux à répétition : pulmonaire, cutané, digestif, asthmes, em-
physèmes.
- Les problèmes rhumatologiques : arthrose (chronique) ou inflammatoire.

Voici mon retour d’expérience :

Parmi mes patients qui suivent ces recom-
mandations, je donne un traitement de fond et je constate une différence importante entre ceux qui suivent à la lettre le régime végétarien et ceux qui ne le suivent pas. En un mois, les premiers sont améliorés de 50 à 80 % contre 10 % pour ceux qui continuent à manger de la viande.

Et des pathologies plus graves ?

- Les cancers, surtout traités par chimiothé-
rapie : il faut vraiment aider les personnes à reconstituer leur stock de cellules. De mon expérience, l’impact du changement alimen-
taire est très bénéfique sur l’évolution du cancer. Bien sûr, chaque cas est à considé-
rer individuellement, il ne s’agit pas de faire des généralités ni des raccourcis.
- Les maladies cardio-vasculaires : des étu-
des ont été menées sur les oméga 3 qui ont prouvé que la consommation de bonnes huiles associée à un changement d’aliment-
ation est bénéfique aux personnes ayant eu un AVC.
Tout cela est démontré scientifiquement mais pas diffusé au grand public. Comme ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui financent les études, on n’en trouve aucune prouvant que l’alimentation végéta-
rienne est meilleure pour la santé.

Je décide de devenir végétarien, mais j’aime la viande et le poisson. Comment m’y prendre pour ne pas « rechuter » ?

Il est très important d’être accompagné par un nutritionniste dans cette transition. Il donne des recettes, des conseils précis et un programme. Il faut s’adresser à des diététiciens micronutritionnistes, des ho-
méopathes, phytothérapeutes ou naturopa-
thes. Le but de la démarche est aussi que la personne trouve du plaisir à manger végé-
tarien. L’assiette végétarienne est loin d’être triste, comme on le croit souvent, il y a toute une découverte gustative qui est passion-
nante.
Il y a aussi de très bons livres sur le sujet. Je peux conseiller :
- Les aliments contre le cancer de Richard Bélivaut
- Les livres de Jean Paul Curtay
- L’alimentation et la 3ème médecine de Jean Seignalet : son livre est sujet à controverse, car ses conclusions indiquent de revenir à l’alimentation du chasseur cueilleur. Ce serait bien si nous avions des animaux en bonne santé, ce qui n’est pas le cas.

Quels sont les aliments les plus riches en protéines végétales ?

L’aliment complet par excellence n’existe pas, il est important de varier.
Voici le classement des aliments les plus riches en protéines :
1- le soja
2 – l’oeuf
3 – poisson, volaille
4 – animaux à 4 pattes
Le soja, le plus riche en protéines, doit être bio et cultivé en France (sans OGM). Très riche en tyrosine, il contient beaucoup de protéines. Le tofu est du soja fermenté « prédigéré », il est donc toléré par tous et peut être cuisiné de façons très intéressan-
tes.
Les céréales et les légumineuses sont également riches en protéines végétales : lentilles, fèves, pois chiche, fève, pois cas-
sé, associés au riz semi-complet, amarante, quinoa etc.
Le mieux c’est d’associer 1 céréale + 2 légumineuses, agrémentées avec du tamari par exemple. On obtient, avec ce mélange, l’équivalent d’un steak en terme de proté-
ines, avec en prime, des protéines bio-assimilables.

Où trouve-t-on le calcium dans les végétaux ?

Encore une fois, il faut varier les sources de calcium.
Les salades (mâche, roquette etc..), le brocolis, le chou-fleurs, choux de bruxelles (les crucifères sont même désignés «anti-
cancer» car riches en vitamines protectri-
ces), les oléagineux : amandes, noisettes, cajou, macadamia, noix. 

Le fer ?

Lentilles, algues (paillettes par exemple), pissenlit, orties.
Il faut bien mastiquer, se faire des jus verts le matin au blender. 

Y’at-il des risques à être végétarienne/ végétalienne pendant sa grossesse ou si on allaite son enfant ?

Non il n’y a vraiment aucun problème. Les femmes végétariennes sont en générales plus averties et ont une bonne hygiène de vie.
Le constat est le même pour les femmes allaitantes. A cette période, il est bon de consommer des aliments riches en oméga 3 comme les huiles de colza, cameline, sésa-
me, lin, chanvre, noix etc..

Et un bébé végétarien / végétalien, c’est possible ?

Aucun problème. On peut enrichir l’aliment-
ation des bébés diversifiés avec les ali-
ments les plus intéressants du règne végétal.
Utiliser, par exemple, les purées d’oléagi-
neux est très intéressant au moment de la diversification de l’enfant, en variant pour éviter les allergies.
Petite recette rapide : purée d’amande + banane + pomme cuite
On peut aussi faire le mélange très équilibré et très complet : 1/3 lait de soja / amande / châtaigne pour son bébé diversifié.
(NDLR : attention, les recommandations s’appliquent à l’enfant diversifié, et non à l’alimentation du nouveau-né)
Il faut savoir que le calcium du lait de vache est très mal utilisé par notre corps. Celui-ci contient aussi du potassium, décalcifiant, et il est absorbé à la place du calcium. Le risque d’ostéoporose est donc accru en consommant du lait de vache.

La consommation du soja est tout de même controversée chez l’enfant en raison des phyto-oestrogènes qu’il contient. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Ces phyto-oestrogènes n’ont pas d’inciden-
ce au niveau génital. Bien sûr, personne ne donnerait 2L de lait de soja à boire à son enfant ! Mais même en considérant un apport important (un bol de lait de soja le matin + 2 yaourts de soja dans la journée) cela ne présente aucun risque.

Que pensez-vous de l’actualité : lasagnes de cheval et autres joyeusetés de l’industrie agro-alimentaire ?

Le constat actuel c’est que les animaux que nous consommons sont malades. Il suffit de regarder la façon dont on les élève, nourrit et tue, et le peu de cas qui est fait de la surveillance des filières.
Ils sont dans un tel état de stress au moment où on les tue, que la viande est gorgée de protéines de stress : adrénaline, cortisol etc… Toutes les catécholamines sont présentes dans la chair.
On dit souvent que les végétariens sont des pacifistes. La composition de notre aliment-
ation a réellement une influence sur notre comportement, des études américaines réalisées sur des souris le prouvent.  

 

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