Rosacée oculaire : cause, symptômes et traitement

Vous avez tous déjà entendu parler de la rosacée, cette maladie inflammatoire de la peau qui se manifeste par des rougeurs persistantes, des papules et des pustules. Mais savez-vous qu’elle peut aussi affecter les yeux ? C’est ce qu’on appelle la rosacée oculaire.

Qu’est-ce que la rosacée oculaire ?

La rosacée oculaire se manifeste par une inflammation des yeux conduisant à des rougeurs, sensations de brûlure et démangeaisons notables. Elle est fréquemment associée à la rosacée, une maladie cutanée chronique qui affecte principalement le visage et qui peut occasionner des boutons et des rougeurs persistantes. Il est intéressant de noter que dans certains cas, les symptômes oculaires précèdent les manifestations cutanées typiques de la rosacée.

Observée majoritairement chez les adultes entre 30 et 50 ans, la rosacée oculaire est plus courante chez ceux qui ont une tendance naturelle à rougir ou à présenter des flushs faciaux.

Comme la rosacée elle-même, la forme oculaire de cette affection ne bénéficie pas d’un remède définitif. Néanmoins, des interventions médicamenteuses et des pratiques de soins oculaires appropriés peuvent considérablement minimiser l’impact des symptômes et améliorer la qualité de vie des personnes atteintes. 

Quels sont les symptômes de la rosacée oculaire ?

Cette affection se manifeste par plusieurs symptômes oculaires qui peuvent être pénibles au quotidien. Les patients peuvent ressentir une sensation de brûlure ou de démangeaison au niveau des yeux, fréquemment accompagnée de rougeurs et d’un excès de larmoiement. En outre, la sensation d’avoir un corps étranger, tel qu’un grain de sable, dans les yeux peut être constamment présente, ajoutant à l’inconfort général.

Les individus affectés peuvent également souffrir de sécheresse oculaire, qui s’aggrave dans certains environnements, comme les espaces climatisés ou en présence de vent. La vision peut devenir floue, entravant les activités nécessitant une perception nette des détails. Une sensibilité accrue à la lumière, connue sous le nom de photophobie, peut également survenir, entraînant un besoin d’éviter les situations fortement éclairées ou ensoleillées.

Physiquement, l’apparence de petits vaisseaux sanguins dilatés sur le blanc de l’œil est un symptôme partagé en miroir dans ce trouble. Cela peut être visible lorsqu’une personne se regarde dans un miroir. Les paupières peuvent également être touchées, présentant des rougeurs et un gonflement, parfois associés à des infections répétées des yeux ou des paupières, prenant la forme de blépharite, conjonctivite, orgelets ou chalazions.

La sévérité des symptômes de la rosacée oculaire n’a pas nécessairement une corrélation directe avec la gravité des symptômes qui affectent la peau. Plus grave encore, des complications supplémentaires peuvent survoler la surface de l’œil, particulièrement au niveau de la cornée, si des sécheresses oculaires chroniques ne sont pas traitées correctement. L’inflammation des paupières, telle que la blépharite, peut exacerber ces troubles en irritant davantage la cornée. Ces complications peuvent altérer la qualité de la vision et, dans les cas les plus sévères, mener à une détérioration de l’acuité visuelle.

Quels sont les causes de la rosacée oculaire ?

La rosacée oculaire, complication fréquente de la rosacée cutanée, reste une condition dont l’étiologie exacte échappe encore à la compréhension médicale. Elle serait multifactorielle, combinant des origines variées à la fois génétiques et environnementales. Parmi les hypothèses avancées pour expliquer son apparition, l’hérédité occupe une place de choix, suggérant que les individus ayant des membres de la famille atteints sont potentiellement plus à risque.

D’autre part, les facteurs environnementaux, tels que l’exposition à des températures extrêmes, peuvent jouer un rôle significatif dans le déclenchement ou l’exacerbation des symptômes. La présence et l’activité de certaines bactéries ont également été pointées du doigt. Plus spécifiquement, des dysfonctionnements des glandes palpebrales pouvant conduire à leur obstruction, ainsi que la colonisation des cils par des acariens demodex, sont aussi des facteurs potentiels de la rosacée oculaire.

La recherche a identifié un lien probable entre la présence de la bactérie helicobacter pylori, responsable de diverses pathologies gastro-intestinales, et la manifestation de la rosacée cutanée, qui pourrait s’étendre à la variante oculaire. Enfin, certaines habitudes de vie et conditions environnementales exacerbent la rosacée cutanée et, par extension, pourraient influencer la rosacée oculaire. Il s’agit notamment de la consommation d’aliments épicés ou très chauds, de boissons alcoolisées, l’exposition à des conditions climatiques rigoureuses telles que le vent, le soleil ou le froid intense, ainsi que des facteurs psycho-émotionnels tels que le stress ou la colère. L’exercice physique intense et l’utilisation de bains chauds ou de saunas figurent aussi parmi les situations favorisant l’aggravation de la rosacée oculaire.

Quels sont les traitements de la rosacée oculaire ?

Pour atténuer les désagréments liés à la rosacée oculaire, plusieurs options thérapeutiques sont à la disposition des professionnels de la santé oculaire. Parmi elles, l’utilisation de médicaments topiques, tels qu’une gamme de gouttes et pommades à base de corticostéroïdes, est courante pour diminuer l’inflammation ainsi que l’apparence rouge et gonflée des yeux. Les antibiotiques, disponibles sous forme orale ou en pommades, constituent également une approche fréquemment adoptée pour lutter contre les infections associées et apaiser les manifestations de la rosacée cutanée.

En ce qui concerne le confort oculaire, l’emploi de larmes artificielles est conseillé pour maintenir une hydratation satisfaisante de la surface oculaire, contribuant ainsi à la bonne santé des yeux. Il est toutefois primordial d’éviter l’usage de gouttes pour yeux rouges courantes, car celles-ci peuvent accentuer les symptômes spécifiques à la rosacée oculaire.

De plus, une hygiène des paupières rigoureuse joue un rôle crucial dans la gestion de cette condition. Le nettoyage doit être effectué avec douceur en utilisant une solution adaptée, que ce soit un produit spécialisé pour les paupières ou un mélange doux de shampooing pour bébé et d’eau tiède, appliqué à l’aide d’un gant de toilette. Complémentairement, l’application régulière de compresses chaudes sur les yeux fermés constitue un traitement de soutien recommandé par les professionnels, dont la fréquence sera définie en fonction des besoins spécifiques du patient.

Sources

« Rosacea and Helicobacter pylori: links and risks » – PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28848358/

« Rosacea is associated with Helicobacter pylori: a systematic review and meta-analysis » – PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28543746/

« Relationship between Helicobacter pylori and Rosacea: review and discussion » – PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29996790/

« Ocular rosacea and treatment of symptomatic Helicobacter pylori infection: a case series » – PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17992465/

 
 

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